Rimbaud, cours 3
L’impudeur et les dernières vieilleries poétiques (Vénus Anadyomène, Oraison du soir, Roman, Le dormeur du val, Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs).
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L’impudeur et les dernières vieilleries poétiques (Vénus Anadyomène, Oraison du soir, Roman, Le dormeur du val, Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs).
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Voici les sites qui parlent de Rimbaud, cours 3:
J'apprécie beaucoup vos conférences, si riches et brillantes,consacrées à Rimbaud.
J'ai l'habitude de me reporter à l'édition des oeuvres d'A.R. ( 1954 - Éd. Club des Libraires de France, reprenant celle du Mercure ).
Concernant " Les Effarés ", nombreuses variantes par rapport au texte que vous avez commenté :
Ex. : • " grogner ” au lieu de " chanter ” : strophes 4 et 8.
• strophe 6 : " Quand pour quelque médianoche
Façonné comme une brioche
On sort le pain ”.
• strophe 11 : " Tout bêtes, faisant leurs prières
Et vers ces lumières...
• strophe 9 : " Les pauvres Jésus pleins de givre ! ”
Comme ces modifications ne sont pas mineures, je m'interroge : sont-elles de la main d'A.R.( retouchant ), à quelle date, etc. ?
Dispose-t-on d'éléments sur ce plan ?
Merci d'avance ! Bravo !
Bien à vous.
Hervé Dubois
Rédigé par: Hervé Dubois | le jeudi 13 mars 2008 à 10H57
Bonsoir ou bonjour,
merci pour vos remarques et votre très aimable mot.
La plupart de ces textes de 1870, ceux du recueil donné à Paul Demeny, comportent des variantes sur lesquelles je n'insiste pas toujours, faute de temps.
Mais ce poème, Les Effarés, est très particulier au sens où il est le seul qui se soit retrouvé promu à la dignité de figurer dans le Cahier de Verlaine, dans une version très remaniée qui insiste (selon le commentaire de Suzanne Bernard, édition Garnier des Oeuvres) sur les éléments réalistes du tableau formé par ces enfants hagards. On pourrait ajouter qu'il en rajoute aussi dans le naïf ("Pauvres Jésus pleins de givres") ou dans l'éclectisme de la langue ("médianoche", vers sur lequel, dans une première version remaniée dite du manuscrit darzens, Rimbaud avait commis une faute de versification).
Quoi qu'il en soit, la version que je donne est l'originale, celle de Demeny.
La version que vous mentionnez est celle, copiée par Delahaye et envoyée à Verlaine, qui suit la déclaration fracassante de la lettre du 10 juin 1871 dans laquelle Rimbaud demande à Demeny de brûler tous les vers qui lui avaient été donnés à Douai.
Si l'on suit Suzanne Bernard (qui suit elle-même le commentateur Noulet), Rimbaud aurait donc fait une exception pour ce poème dans la mesure où il contiendrait déjà, à la différence des autres textes de Douai, beaucoup du Rimbaud de la maturité.
Mais c'est à mon sens expliquer un peu rapidement ce qui peut être justifié par bien d'autres moyens, et en premier lieu par le simple fait que Rimbaud a choisi un poème très pictural qui le présenterait sous le meilleur jour possible auprès de Verlaine (et il est vrai que d'autres poèmes, plus légers ou plus orduriers, n'auraient pas rempli cet office mieux que Les Effarés).
Voilà tout. J'ai préféré conserver l'original car si les modifications apportées sont toutes, très certainement, de Rimbaud,je trouve un peu suspecte la substitution de la Nativité à l'expression initiale de la compassion qui se trouve dans l'adjectif "petit", et qui s'entend par opposition et contraste avec le "pain lourd" qu'ils ne font que dévorer des yeux.
Il me semble en outre, et pour finir, que la demande de brûler les poèmes de Douai est une pose, et qu'on ne saurait conclure comme le font S. Bernard et d'autres, du simple fait que les Effarés soient les seuls vers qui survivent à cette période dans les vers recueillis par Verlaine, que Rimbaud a pu rejeter tous les autres.
Aucun n'est véritablement rejeté, ou bien ils le sont tous, et fort heureusement le recueil de Douai n'a pas subi le sort que Rimbaud feint de lui réserver en juin 1871.
Bien à vous,
FC
Rédigé par: Fabien Chareix | le vendredi 14 mars 2008 à 03H05
Je vous remercie pour votre cours très rythmé et dynamique. N'ayant pu assister aux 2 premiers cours, j'ai eu le plaisir de pouvoir les récupérer sur votre site.
Je ne trouve pas sur le volume Pléiade le poème "Idylles prussiennes", Rimbaud lui a-t-il également donné un autre titre?
Bien cordialement.
T.-F. M
Rédigé par: Thérèse-France Mercier | le dimanche 16 mars 2008 à 20H36
Bonsoir,
c'est effectivement un peu trompeur quand on n'a pas assisté à la séance concernée : j'ai précisé que le poème "Les Allemandes" est de T. de Banville, plus engagé que ne le laisse supposer sa profession de foi poétique.
Bien à vous,
FC
Rédigé par: Fabien Chareix | le lundi 17 mars 2008 à 21H37