Descartes : lumière, action, mouvement relatif
Descartes définit la lumière comme transport d'une action par opposition au transport d'une partie de la matière qui serait projetée sous forme de corpuscules. Cette hypothèse est assortie d'une double affirmation : la lumière se transmet instantanément, elle se soumet au principe du mouvement relatif.
"J’ai dit récemment, alors que nous étions réunis, que la lumière ne se meut pas, certes, en un instant, mais (ce que vous tenez pour équivalent), qu’elle parvient en un instant du corps lumineux à l’œil, et j’ai ajouté que cela était tellement certain à mes yeux que si l’on pouvait en prouver la fausseté, je serais disposé à avouer que je n’ai rien compris jusqu’alors à la philosophie.
Vous affirmiez en revanche que la lumière ne peut que se mouvoir en prenant du temps. Vous ajoutiez que vous aviez songé à un moyen de réaliser une expérience dont le résultat montrerait que l’un de nous deux se trompait."
Lettre de Descartes [à Beeckman] du 22 août 1634, AT I, pp. 307-312
"Ce qui vous empeschera d’abord de trouver estrange, que cette lumière puisse estendre ses rayons en un instant, depuis le soleil jusques a nous : car vous sçavés que l’action, dont on meut l’un des bouts d’un baston, doit ainsi passer en un instant jusques a l’autre, & qu’elle devroit passer en mesme sorte, encores qu’il y auroit plus de distance qu’il n’y en a, depuis la terre iusques aux cieux. Vous ne trouverés pas estrange non plus, que par son moyen nous puissions voir toutes sortes de couleurs ; & mesme vous croyrés peutestre que ces couleurs ne sont autre chose, dans les corps qu’on nomme colorés, que les diverses façons, dont ces corps la reçoyvent & la renvoient contre nos yeux."
Dioptrique, Discours I, AT VI, pp. 84-85




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